¡Viva Nicaragua!
Mais oui, le Nicaragua. Ce pays qui évoque plus l'instabilité de l'Amérique Centrale que le tourisme de masse, et pourtant - ou plutôt par voie de conséquence - je m'y suis senti
tout de suite à l'aise, respiré les bonnes ondes encore immaculées qui s'y degagent. Le Costa-Rica serait l'inverse: stable depuis longtemps et tourisme plus developpé.
Mais plantons le contexte:
Je suis en Amérique Centrale pour retrouver Sophia, ma douce et tendre, qui est ici 2 mois pour son projet de fin d'etudes. C'est donc un voyage à mi-chemin entre la
vadrouille et la vie au quotidien, plus sédentaire, entre Costa-Rica et Nicaragua. Une première. Nous nous sommes retrouvés ci-et-là au Costa-Rica. J'ai pu accompagner son groupe
d'étudiants: à un cours magistral sur les marimbas, ou même à une visite d'un énorme projet touristique contreversé, emblème du fragile équilibre entre développement touristique et
préservation de la nature et de l'"authenticité". Brrr... Un club de golf 18 trous à la place d'une plage sauvage... Pas pour moi. Ils veulent en faire le nouveau Cancun. Ourgl.
Du nord du Costa-Rica, je suis remonté de bus en bus jusqu'à la frontière avec le Nicaragua, que j'ai traversée en barque. On est un peu dans la forêt tropicale
au pays des cow-boys locaux. Chapeaux, chevaux, moustache-à-la-Sergio-Leone, tout y est. Le déséquilibre est tel entre les 2 pays que bon nombre de nicaraguéens tentent d'aller travailler au
Costa-Rica où le niveau de vie est paraît-il 10 fois plus élevé.
Evidemment, puisqu'on est aussi dans une zone volcanique, il était difficile de ne pas aller crapahuter un peu dans des zones qui font 'bloub-bloub' et qui degagent une certaine
odeur d'oeuf laissé au soleil. C'est toujours impressionant.
volcan Rincon de la Vieja
Mon coup de coeur jusqu'a présent va sans conteste a El Castillo: un genre de lieu que l'on rêve secrètement de rencontrer en voyage; et quand celà se produit,
on en savoure chaque instant en souhaitant pouvoir y rester jusqu'à plus soif. El Castillo se trouve sur le rio San Juan, à la frontière entre le Costa-Rica et le Nicaragua.
Imaginer une zone de forêt tropicale sèche, remplie d'espèces animales et végétales incroyables, une douce chaleur de 25-30ºC, le rio San Juan qui relie l'immense lac
Nicaragua à la côte caraïbe a l'est. Il faut 3 heures de 'lancha' (barque) sur le rio pour arriver à El Castillo. 1500 personnes y vivent. Pas d'engin motorisé, ni voiture, camion, ou
scooter. Juste le bruit du fleuve et des animaux (et il est vrai un peu de musique locale, reggaeton ou "musique romantique" comme ils disent). Des maisons sur piloti, juste faites de bois. Des
couleurs vives, des tortues, des chevaux, et quelques jeunes qui, le soir venu, jouent au base-ball. Apaisant, tranquille, juste beau.
El Castillo
Ma petite chambre donnait sur le rio, balcon et hamac compris. La population semble ne pas vouloir voir des hotels immenses se construire, envahis de gringos qui ne pensent qu'à boire du rhum,
mais préfère le tourisme contenu, type routard, qui fait un peu vivre tout le monde. Je ne peux qu'aquiescer.
Voilà donc ces premières impressions. Il me semble qu'il y a tant d'endroits ou aller au Nicaragua. Je suis à present a San Carlos, petite ville delabrée et pourtant pleine
de charme au bord du lac Nicaragua, tout au sud. Dans 2 heures, je vais embarquer sur un ferry pour rejoindre Granada, de l'autre cote du lac Nicaragua, demain
matin à 5 heures. Je dormirai en haut, dans un hamac. Et Sophia sera à Granada pour continuer notre route ensemble.
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