Il n'est pas forcément nécessaire de partir loin pour s'émerveiller de la beauté de la nature et des couleurs de la saison. Elle est parfois là, sous nos yeux. C'est certainement en pensant à
celà que j'ai glâné ces quelques clichés ce dimanche 16 novembre, en ne sortant pas d'un périmètre de 15 minutes autour de la maison. Il faut dire qu'avec la montagne
Sainte-Victoire à deux pas, ça aide, je le concède.
La Sainte-Victoire est une montagne à part, différente. Suivant la position du soleil, la saison, l'endroit d'où on l'observe, elle est totalement différente. Il est possible de
rester au même endroit une journée durant et de ne jamais voir la même montagne, les mêmes plis, cabossures, courbes, couleurs. Elle paraît plate au sommet, que nenni. Elle paraît nue. Que nenni.
Elle paraît pentue: allez sur l'autre face. Bref, le genre de montagne sympa, qui se met en quatre pour vous offrir toujours un petit quelque chose de nouveau. On apprécie.
Au guidon de ma fidèle moto, je suis tout d'abord parti découvrir les chemins cachés entre Puyloubier et Pourrières.
Au loin, Puyloubier. On est ici au milieu des domaines viticoles.
La vigne jaunit, devient rouille ou même carrément rouge suivant les lieux. C'est superbe. Quelques jours d'un tapis multicolore de feuilles de vigne, avant qu'elles ne disparaissent pour laisser
la place à l'hiver et à leures petites soeurs l'année suivante. De Puyloubier, on profite à perte de vue de ce spectacle. Derrière, toujours, la Sainte-Victoire
veille et habille le tout de sa majesté.
Une des nombreuses pauses moto pour aller découvrir ça et là un point de vue qui ne se laisse pas découvrir si facilement. Il fait beau, l'air est frais, un temps idéal pour partir en
deux-roues et humer les odeurs alentours.
La moto, c'est bien beau, mais la marche à pieds, c'est bien aussi. Alors direction
Le Tholonet, ou plutôt un point de départ juste au dessus, en direction de
Beaurecueil. Encore un endroit que malgré 11 ans de pratique, je ne connaissais quasiment pas. Et un point de départ fabuleux pour partir vers les
barrages de
Bimont ou
Zola, vers
Bibemus ou bien vers la
Sainte-Victoire elle-même.
Régulièrement, on rencontre des plantations d'oliviers. Avec le soleil de ce jour-ci, le vert éclatant de l'herbe semble narguer celui plus en profondeur de l'arbre. Alors l'arbre se venge et lui
envoie son ombre, de plus en plus grande, jusqu'à recouvrir presqu'entièrement cette petite impertinente. Non mais.
On peut se perdre dans le massif de la
Sainte-Victoire. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il y a du relief. Des gorges même, des lieux qui ne voient quasiment jamais de
rayon du soleil. C'est facilement humide, la végétation est différente, on se croit perdu dans un autre Monde. Mais on finit toujours par retrouver la Sainte au détour d'un chemin.
Le canal de Provence passe aussi par le massif. Il y a un petit aqueduc. Et sur les murs du canal, quelques messages. Avec l'Amour prôné et l'eau fraîche en dessous, il y a tout ce qu'il faut pour
vivre dans cette photo.
Le soleil va se coucher d'ici peu. Il commence à modifier la teinte de la montagne au loin. Parfois, elle devient rose. Complètement rose. C'est beau, magnifique. Et on se dit qu'on reviendra, un
autre jour, pour un nouveau moment d'intimité avec la Sainte. Ici ou ailleurs. Un autre jour de l'année, à une autre heure, avec une autre météo, une autre lumière. Ce sera différent, forcément
différent, c'est la marque de fabrique de cette montagne. Mais ce sera encore une fois envoûtant. Elle est trop forte!
Addendum: magique Sainte-Victoire sous la neige (12 décembre 2008)
Les précipitations ont parfois du bon. Ce jour-là, les nuages partis ont laissé le spectacle d'un saupoudrage neigeux sur la Sainte-Victoire. Il faisait froid au matin, des plaques de verglas
piégeuses aux pieds de la montagne, mais de belles photos en perspective...
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