C'est depuis Antsirabe, ville au sud d'Antananarivo (dites "Tana") perchée a 1500m d'altitude que je vous envoie ces quelques impressions glanées au fil de mon périple malgache que je partage avec ma 'tite soeurette.
Madagascar. J'imagine que les mots "lémurien", "grande île", "vanille", "terre rouge" ou encore "caméléon" doivent venir a l'esprit. Hé bien ça n'est pas sans raison. Je dirais plutôt "zébu", "pousse-pousse", "Vazaha" car ça va être le fil rouge présent tout au long du voyage.
Caméléon, un des symboles de Madagascar
Lémurien dans le parc de l'Isalo. Avec le baobab, LE symbole de la Grande Île
Mais il faut d'abord parler de la pauvreté du pays et comme en contraste de l'accueil, l'honnêteté et l'amabilité de nos hôtes. Dans quel pays les personnes croisées dans la rue vous sortent des "Bienvenue dans notre ville", comme ça, sans raison? On s'y sent bien, tout simplement.
Sur le trajet Fianarantsoa - Manakara: comment se protéger du soleil? On n'a peut-être pas d'argent, mais on a des idées.
Ensuite, on ne coupe pas à la rencontre avec le zébu. Une vache avec une bosse sur le cou et les 2 cornes arrondies jusqu'à se toucher parfois. C'est calme un zébu. Ca pousse sans broncher les charrettes remplies à ras-bord et puis ca fait des steaks toujours excellents. A cote nos charolaises n'ont qu'à aller se rhabiller.
Dans la campagne magnifique autour d'Antsirabe. Les zébus sont à la peine...
L'arrivée s'est effectuée a Tulear, sur la côte au sud-ouest de l'île. De ce point de départ, la RN7, route goudronnée, fournira un itinéraire idéal vers le centre et le nord.
Tulear: groupe d'enfants joyeux
Mention spéciale pour Anakao, village de pêcheurs paisible au sud de Tulear. On y accède par 1h de bateau ou 9h de piste: camarade, choisis ton camp. Plages de rêve, les pieds dans le canal du Mozambique, couleurs insolentes, barrière de corail, île paradisiaque qu'on atteint avec une pirogue dont la même voile fera nappe pour le midi et langoustes goutues. La douce vie.
Anakao: fin du conseil du village. Les habitants rentrents chez eux.
Anakao: en route vers l'île de Nosy Vé sur ce boutre de pêcheur
Anakao: ici on aime la mer. Elle apporte la nourriture, les revenus des villageois et de bons moments
Sur la côte est, Manakara s'avèrera une ville charmante au bord de l'océan indien, et le fameux train pour y accéder depuis Fianarantsoa est certes long, mais permet de profiter des changements de décors jusqu'aux forêts tropicales.
Le train Fianarantsoa - Manakara
Manakara: l'océan indien à nos pieds. Attention à la baignade: il y a des requins!
Entre les deux, côté confort, l'électricité n'est pas un acquis, c'est même un gros problème actuel, et il est arrivé très souvent de ne pas en avoir du tout dans les villes ou villages. Sachant que la nuit tombe à 18h, ça nous fait de longues soirées d'automne. Mais au final, on cale son rythme au soleil: se coucher a 21h et se lever avec le chant des coqs vers 6h... ?!@*! de coqs. L'eau pour la douche s'apprécie à sa juste valeur, en filet, et l'eau chaude est quasiment inexistante sur le parcours sud (à moins de prendre des hôtels 3 étoiles). Quant à internet, on n'y pense même pas. Pour les transports, il n'y a jamais eu aucune difficulté a trouver un taxi-brousse en partance quelque soit l'heure de départ, malgré ce qu'on peut entendre de partout... Le Dieu des voyageurs aurait-il frappé?
En s'éloignant de la côte ouest, on rentre dans les Hautes Terres et ses décors de savane africaine. Ici c'est net: c'est l'Afrique. Magnifique. Il ne manquait qu'une girafe pour compléter le tableau. Sur la route, la gendarmerie quadrille le pays et les contrôles sont plus que fréquents. On est 18 dans un mini-bus mais ça passe. Ah bon? Et puis à un moment donné ça coince. Ah. J'ai dû louper un truc...
Approche à pieds vers le parc de l'Isalo
C'est incroyable le nombre d'enfants qu'on croise. Il y en a de partout, plein, des tas. Il paraît que la démographie explose. Et tous te lancent amicalement des "Salut vazaha" (prononcer "Vaza": étranger). "Salut Vaza, "salut vaza", "salut vaza"... On finit par en rêver la nuit.
D'ailleurs, voici un petit cours de prononciation malgache à l'usage des débutants: les "y" de fin de mot ne se prononcent pas, et les "s" se prononcent "ch". C'est pour cette raison que "Ambositra" se prononce curieusement "Ambouchtre", "Isalo" se dit "Ichal", et "malagasy" devient "malgache". Il a bien fallu une semaine pour comprendre le truc...
Dans les parcs nationaux, on oblige à prendre au moins un guide, à payer l'entrée et le séjour dans le parc, puis à payer les sites visités, les porteurs, la voiture, ect... Au final, on s'y perd et les tarifs avoisinent les 25 euros par jour pour une prestation au petit bonheur la chance: ici les guides sont parfois plus interessés par ce qu'ils vont toucher que par les clients qu'ils emmènent. C'etait un peu le cas du mien. Parfois les guides sont excellents. J'en ai croisés. Mais les prix soint franchement prohibitifs pour rester plus de 2 jours dans un massif. C'est dommage.
Coucher de soleil sur l'Isalo
Aux portes du massif de l'Andringitra. Ca fait envie!
Autant j'ai été déçu par le parc de l'Isalo et ses guides approximatifs, autant la ville d'Ambalavao et ses environs jusqu'au massif de l'Andringitra paraissent vraiment mériter d'y randonner quelques jours. Egalement les reliefs d'Ambositra ou d'Antsirabe offrent de bien belles de balades au milieu des rizières.
Ambositra: rues animés au petit matin
Côté rencontres, ca n'arrête pas. Et hautes en couleurs, imaginez les personnages "Vazaha" qui peuvent vivre a Madagascar. Ou juste très sympathiques, inattendues, agréables. On discute. On crée des liens. On nous dit les doutes sur le président actuel Marc Ravalomanana, certains l'apprécient, d'autres le trouvent quasi-dictatorial et s'accaparant les industries du pays. Depuis quelques jours, il y a une pénurie d'huile. Ca parait bête, non? En fait, on soupçonne le président de la créer volontairement pour faire monter les prix, il contrôle la seule société qui distribue l'huile. Du coup, plus de beignets de bananes. C'est moche. Pour info, ce président n'est pas très pro-français et se tourne de plus en plus vers la Chine et les pays anglo-saxons. Un prêtre français ayant vécu 36 ans ici vient d'être expulsé sans raison. Histoire d'envoyer un signal, certainement.
Encore une fois, insister sur la gentillesse des personnes croisées, vous envoyer de bonnes ondes malgaches, et esperer recevoir de vos nouvelles.
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